Affichage des articles dont le libellé est Des Projets Sanitaires et Sociaux. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Des Projets Sanitaires et Sociaux. Afficher tous les articles

vendredi 26 décembre 2008

Le cholera

La saison des pluies amène une recrudescence de certaines maladies à Kolwezi, comme le Paludisme et le Choléra.

Le vibrion du choléra se trouve dans les selles humaines et s’attrape par les mains sales, l’eau souillée et aliments contaminés. On a alors des maux de ventre, des diarrhées aigues, des vomissements, et la déshydratation peut entrainer la mort en quelques jours.

La propagation de la maladie se fait rapidement : Le premier cas de choléra annonce souvent une épidémie.

C’est pourquoi un plan d’action est mis en place par le District médical et les zones de santé. Le programme est ficelé. Sur le papier, on peut s’attendre à un control parfait de l’épidémie : Campagnes de sensibilisation massive, centres d’isolements, état de besoin en matériel médical et humain, organisation des désinfections à domicile et aux centres médicaux, etc…

Le problème, c’est que la ville n’a pas l’argent nécessaire pour acheter le matériel et payer les volontaires.

L’année dernière, la ville avait du faire face à 200 malades en 3 mois mais grâce à l’implication des acteurs locaux de la lutte et l’aide de Médecin Sans frontières Hollande, le nombre de décès s’est limité à 7.

Cette semaine, l’Hôpital principal de la ville a accueilli le premier malade, juste après notre réunion préparatoire.

La salle d'isolement se trouve dans l'hopital meme.

Etant donné que la crise a emporté plus d’une trentaine d’entreprises sur Kolwezi, on se retourne vers la mine et Crusader (la société que nous employons pour les services médicaux). Mais nous aussi on a du mal à joindre les deux bouts…

Avec le Docteur Isabel, on essaye donc d’amasser un petit stock de matos, frappant à droite et à gauche, récupérant 10 seaux au magasin de la mine, des bottes en plastique de la mine sous terraine, des Ringers (solution pour perfusion) à la pharmacie, du sel et du sucre etc…

Plus que jamais, c’est l’article 15 qui est en vigueur… (Article 15 : débrouillez-vous.)


vendredi 5 décembre 2008

Journee Mondiale du Sida

Ou comment se lancer dans une histoire à la congolaise…

-

5 jours avant le 1er décembre, on se décide à créer un comité d’organisation des activités JMS à Kolwezi qui se dérouleront sur tout le mois

Cette année, pour le lancement du 1er décembre, la ville accueille le Gouverneur de la Province du Katanga et on a intérêt à mettre le paquet ! (Les autorités sont très respectées ici et on se plie en 4 pour eux.)

La Journée Mondiale du Sida est une occasion à saisir pour parler de cette maladie et faire passer les messages de prévention. Les habitants de Kolwezi sont très peu conscients du risque (quand ils ne nient pas complètement l’existence du VIH) et je suis convaincue que c’est dans ce genre de grande manifestation qu’on peut toucher un maximum de personnes, d’autant que la présence du Gouverneur renforce l’importance de l’évènement.

Mon entreprise ne pouvant pas apporter le soutien financier, je me suis engagée dans l’organisation pour soutenir personnellement ces initiatives et pour montrer que l’entreprise n’abandonne pas la population.

(Un grand respect entoure les représentants des sociétés minières, et les autorités comme la population attendent beaucoup de nous. Nous ne pouvons pas juste dire, « désolé mais nous n’avons pas d’argent pour soutenir la manif. »)

-

Sept réunions en cinq jours plus une cérémonie officielle auront précédé la journée du premier.

Du boulot jusqu'à minuit et des repas sautés (j’ai aussi un travail à coté… L)

-

Et alors les réunions congolaises sont quelque chose.

-

« Merci monsieur le président de l’assemblée pour me donner la parole, et blabla bla

- Si je peux compléter ce que vient dire mon cher confrère et blablabla (le même blablabla)

- Je vous remercie de votre intervention et si je puis éclaircir un point qui me semble important…et blablabla »

-

En trois intervention, nous avons dit la même chose qui se résumerait en : il faut trouver des voitures pour la caravane, qui s’en charge ?

« Je pense que c’est plutôt au comité logistique de s’en charger.

- Michel à l’habitude, il peut faire ca.

- Pourquoi pas Maurice qui a déjà les contacts ? »

-

Ou bien : « Après le discours du Gouverneur, le Coordonateur du Comité peut dire son mot de lancement.

- Excusez moi Docteur, mais si on suit le protocole, personne ne peut parler après le Gouverneur (l’index pointé vers le haut qui rythme les mots): le point focal de la Mairie peut peut-être nous confirmer ceci ?

- En tout cas, bon.»

-

(« En tout cas » étant une expression très fortement utilisée par les Congolais et ne voulant souvent rien dire dans la phrase, ou étant souvent une phrase par elle même) (« En tout cas mon cher.»)

-

Au bout d’un moment, on peut entendre « qu’est qu’il y a Marie, tu es fatiguée ? (je dois être expressive) on a bientôt fini. Allez messieurs, on va avancer car Marie est fatiguée ».

Il est 20h, la réunion se terminera à 21h, après 4 heures de blabla. Mais cette assemblée d’hommes congolais (médecins, personnalités locales en tout genre) n’en reste pas moins attentionnée envers moi et cela m’attendrit.

-

Et puis, je stresse pour rien : 5 jours pour préparer un grand évènement, c’est amplement suffisant pour assurer la réussite comme le dira la suite.

Moi petite française qui imagine que tout doit être bien planifié, organisé, les taches réparties et le programme bouclé 2 semaines à l’avance pour pouvoir gérer les imprévus…

Que nenni.

Ici, on fait tout au dernier moment, on fait de son mieux, et hakuna matata ! Et le pire c’est que les choses se démêlent d’elles mêmes le jour même… (Notez au passage les allitérations)

Les invitations officielles sont envoyées le jour même mais les invités sont là, les T-shirts sont finis dans la nuit, on trouve 3 voitures et un bus le jour même, etc, etc…

-

J’ai l’impression d’être aux scouts, c’est rigolo !

-

Enfin voilà, c’était intense, j’ai appris plein de trucs, rencontré plein de gens supers qui s’impliquent dans des projets et qui ont envie de faire avancer leur pays, et nous avons tous été d’accord pour dire qu’on avait quand même fait du bon boulot !

-

En tout cas, voici les images !

-

Lydie, Paule et Mireille, les 3 fées qui m’ont bien aidé dans la partie technique

(Achat et impression des casquettes, T-shirts et banderole, mobilisation des pairs éducateurs et dégotage d’un bus, armement des postes de santé de la mine en rubans rouges pour les travailleurs et T-shirts pour les infirmiers…)




La Marche de l’espoir partant de trois point différents pour converger vers la place Fatima.

Ambiance dans les rues !!



Une partie des représentants de notre entreprise : les travailleurs sont aussi fière de porter le logo de l’entreprise que de participer à cette marche.

Dave (mon Directeur) et moi étions les seuls blancs de la manifestation

Pourtant, on a entendu parler des Bazungu pendant plusieurs jours après sur les radios locales !




Et oui ! ils sont partout nos copains scouts !!



Sur la Place Fatima, on pouvait compter 4000 personnes ! Si c’est pas une réussite ca ?!

-

Je vous l’accorde, tout le monde ne savait pas pourquoi il était là... Mais cela éveille les curiosités, surtout celle des ados :

« Madame mais c’est moins bon avec la capote ! »

« Mais comment on attrape le Sida ? »

« Qu’est ce que vous nous conseillez pour pas attraper le Sida ?»

« L’abstinence c’est le meilleur moyen »

« Vous avez qu’à nous donner des médicaments pour pas attraper le Sida ! »

Expliquer tout ca en marchant à une foule de grand dadés qui se pressent autour de moi, brandissant leur magnétophone, ou me lançant des mots en japonais ou chinois, c’est assez rigolo mais je me rends compte du manque d’information de ces jeunes…



Maman Paule et Maman Lydie

“C’est les grosses mamans là qui ont le Sida!! (une jeune dans la rue)

- Oui ! on en a plein !! (Lydie…)






Après la manif, le Staff d’organisation, le Gouverneur et les autorités locales ont partagé un repas avec l’association des personnes vivant avec le VIH (au passage, toute aide leur serait bien venue, mais je vous reparlerai de cette association)





Sur le podium, j’ai moi aussi prononcé mon petit discours pour représenter les mines ! Et je suis passée à la radio et tout!!

Dans mon discours, j'ai dit que Kolwezi avait de la chance, car sa population est mobilisée et cela évitera peut être les catastrophes que connaissent certains autres régions africaines...

Wafwako!


mercredi 19 novembre 2008

Don a l'Hopital de Reference

Ce n’est pas vraiment un projet à moi le “Container” : j’en ai plus ou moins hérité…

Au début de la mine (il y a deux ans), les pionniers pensaient pouvoir réabiliter l’Hôpital de Référence et y soigner les employés de la société.

Malheureusement, ils se sont heurtés à plusieurs problèmes qu’il ne sierrait point de citer ici. Mais la volonté d’aider cet hôpital malgré tout a poussé les responsables du communautaire à monter des projets : refaire la clôture, les toilettes, arranger l’approvisionnement en eau et en électricité, et aussi, le projet du Container.

Il s’agit d’un partenariat avec une ONG américaine qui fait des dons de matériels hospitaliers.

Nous avons donc reçu 24m3 de matériel, soit plus de 600 000 dollars dans un container dont la Mine a payé le fret.

Un projet où se mêlent la politique, la diplomatie, et la stratégie avec le médical, mais qui profitera toujours à la population.

Il faut parfois apprendre a ronger son frein..

dimanche 2 novembre 2008

Projet Luilu, lancement


Enfin! c'est parti!
Lundi 27 octobre, nous avons commencer les travaux!


Il va tout de meme falloir continuer a se battre pour assurer la suite...
Et ca commence deja par une panne de la chargeuse...
Rien n'est simple ici decidement!

jeudi 30 octobre 2008

Le programme de Spray

Pour éradiquer la Malaria (paludisme) qui est la première cause d’absentéisme chez nos travailleurs et de décès dans la région, la méthode de spray est très efficace.

Il s’agit de pulvériser les murs intérieurs des habitations avec un insecticide (Nous utilisons un pyréthroide mais le produit le plus connu est le DDT) qui repousse les moustiques, et notamment l’anophèle, responsable du paludisme.

Le projet est extrêmement couteux et nous devrons revoir à la baisse nos ambitions avec la restriction budgétaire qui s’est imposée dans l’entreprise.

Les cités que nous devions traiter ne sont pas encore prêtes (on commence à peine l’assainissement de Luilu) et il est difficile de sprayer des petites maisons pendant la saison des pluies pour des raisons pratiques. En effet, il faut enlever la nourriture, libérer un espace d' un mètre autour des murs, et attendre une heure en dehors de la pièce traitée et quand il pleut des cordes, ce n’est pas facile… Nous attendrons donc l’année prochaine pour agir dans les communautés.

Shaun et Godwill ont quand même formé une poignée de techniciens et ont commencé à traiter les camps d’ouvriers expatriés (baraquements en préfabriqué), les logements des expatriés en ville, et l’Hôpital des travailleurs et leur famille.

En parallèle, la campagne de sensibilisation sur la malaria (entre autres problèmes sanitaires) continue à avancer, informant de communautés en communautés, cassant les idées reçues et prônant la moustiquaire en la vendant à petit prix.

samedi 25 octobre 2008

Projet Luilu





Luilu est une ancienne cité de mineurs au environ de Kolwezi.
Autrefois gérée par la Gécamines (comme tout dans la région), ses conditions se sont dégradées avec le déclin de l’entreprise minière de l’Etat.
C’est 30 ans de laissé aller que nous pouvons observer en cheminant les rues…

Plus de ramassage d’ordures ou de maintenance de la voie publique, plus d’entretien des maisons…
Pourquoi ? Parce que tout était organisé par la Mine et quand elle a cessé, personne n’a su reprendre la main. Personne n’a pu surtout. Comment se payer le luxe de garder une cité en état quand le chômage et les guerres font de la recherche de la nourriture une priorité ?




Aujourd’hui, la mine a redémarré et la population attend d’elle beaucoup, sinon tout, comme avant.

Quand je suis arrivée il y a 3 mois, nous devions tout faire pour nettoyer Luilu avant la campagne de spray d’insecticide contre le paludisme.
En effet, traiter les murs intérieurs des habitations tue le moustique adulte, mais pour une campagne efficace, il faut aussi réduire les sites larvaires qui sont les petites collections d’eau autour des maisons. Or les déchets qui s’accumulent dans la rue favorisent la création de sites.
De plus, Kolwezi a connu une épidémie de Choléra au début de l’année. La maladie se transmettant par une eau souillée à cause de l’absence d’hygiène, l’assainissement urbain est vraiment un problème de santé.

C’est ainsi que je me suis vue initier le projet de nettoyer Luilu.
En vérité, le district entier mériterait un tel programme. Mais il faut bien commencer par quelque part, et d’un point de vue stratégique et diplomatique, nous avons choisi Luilu. Stratégique parce que le village est séparé du futur camp de travailleurs expatriés uniquement par un chemin de fer. Assainir le milieu protège donc ces derniers des potentielles maladies évoquées plus haut. Et diplomatique parce que nous avons à faire à une population positivement répondante, motivée à participer à notre action. Il sera plus facile d’arriver à nos fins dans un tel contexte et de nous servir de Luilu comme exemple et comme moteur pour les cités suivantes.
Par exemple, chaque habitant suit la règle instaurée par les chefs de cité et l’équipe de sensibilisation depuis mai : nettoyer sa parcelle et amasser les ordures selon des endroits donnés, et non dans la rue. Autre preuve d’implication, la communauté est prête à participer d’un demi-dollar par mois et par famille pour l’assainissement. Ceci suggéré par les congolais pour responsabiliser leur pairs et évoluer dans les mentalités : tout n’est pas du par la mine et chacun doit faire un effort. Cette somme ne serait évidemment pas assez pour financer le programme, mais la communauté peut s’en servir pour payer des responsables chargés du maintien de l’hygiène.


Comment organiser le ramassage, comment calculer le cubage, quel budget, qui employer, où déverser les ordures, quel genre de poubelle publique peut on mettre en place, comment mettre en place un ramassage régulier ??...
Autant de petites questions qui ont nécessité des mois d’investissement, d’attente, et de mobilisation…
Heureusement, je ne suis pas seule ! loin de là ! Le service social surtout, avec Tarek et Djo récemment s’occupe de la partie technique sur le terrain (trouver la main d’œuvre et les engins avec des sous contractant, monter un plan d’action rue par rue, aller voir les autorités, etc…), et indispensable, le service Environnement pour trouver le site décharge en accord avec l’écologie et les autorités. Et puis, tout autour le service Contrats, les conseils des ingénieurs, l’atelier et le magasin de stockage… bref, on a mobilisé tout le monde, et tout le monde nous a donné un coup de main.



Sur le site de decharge avec Samba (environnement) et Djo (projets sociaux)


Voilà comment est né le projet Luilu...
Et lundi prochain, on attaque.

lundi 18 août 2008

sensibilisation des villages

-

Samedi 16 aout

J’accompagne l’équipe de sensibilisation des villages sur le Sida, l’eau potable et le paludisme (ou malaria).

A bord d’une missionnaire (le véhicule fétiche de la brousse), nous cahotons à 60km de Kolwezi à la rencontre de la population.



-----------------A Kanzenze, les villageois nous attendent déjà, entassés dans la petite salle du centre de santé. Ceux qui n’ont pas trouvé de place ou les enfants trop jeunes écouteront la bonne parole de dehors, grâce à un haut-parleur.





-------------------Maman Paule explique les grands problèmes de santé à un auditoire très attentif.


Le cours est interactif, permettant à l’équipe de savoir où en sont les villageois par rapport à leurs connaissances et leurs attitudes. Ce sont souvent les personnes âgées qui répondent aux questions de Maman Paule, et on lit leur fierté dans leurs yeux quand ils lèvent le doigt, sont interrogés et répondent « la fièvre ! », « le moustique ! », ou encore « la quinine ! ».


Ils ont les mêmes yeux que le petit Antoine quand il écoute les histoires de Papet…



------------------Tout est dit en Swahili mais des mots français s’introduisent régulièrement dans les discours, ce qui me permet de suivre un peu.

D’ailleurs, étant la seule muzungu (blanche) de l’équipe (et de la journée), tout le monde n’utilise que le Swahili. Surtout que mamam Paule s’est mis dans la tête qu’il fallait me parler Swahili pour que j’apprenne vite ! J

Hé ! polé-polé… (Doucement)


Démonstration de la préparation de l’eau potable.

Un sachet de PUR pour 10 litres d’eau. Si je prends de l’eau dans mon bidon jaune de 20 litres, je mets combien de sachets ? « Deux ! » répond le publique en cœur.



----------------------------Le film sur les maladies sexuellement transmissibles qui suit me parait un peu trop scientifique et les images choquantes, mais tout le monde est absorbé pendant les 40mn de projection. Maman Paule m’explique que certains d’entre eux ont ces maladies mais les cachent parce qu’ils ont honte. S’ils se reconnaissent dans le documentaire, ils viendront trouver un professionnel de santé par la suite.




--------------------------Un peu plus loin, le village de Walemba nous ouvre les portes de son Petit Séminaire, une ancienne institution belge à l’architecture occidentale qui avait du être magnifique à l’époque mais qui reste quand même soignée.

Le nombre plus réduit de l’assemblée et l’infrastructure permet plus facilement de distribuer des sachets de PUR et des prospectus sur la malaria.

Chacun attend son échantillon et lit scrupuleusement le livret.



--

-
--


----------------A la fin de l’intervention, un villageois assez âgé lève le doigt, et se lève quand on l’invite à s’exprimer, ôtant sa casquette avant de prendre la parole.


« Monsieur le Docteur, je vous remercie » puis en Swahili qu’on me traduira plus tard, demande « pourquoi les médecins et infirmières sont venus il y a quelques temps pour vacciner les enfants et donc les protéger contre le Sida, et n’ont pas vacciné les adultes. » (Il s’agissait d’une campagne de vaccination contre la rougeole, la polio et le tétanos.) Monsieur le Docteur ne sourit pas et remercie le vieil homme pour sa question. Il peut en effet corriger les fausses informations qui circulent, et il y en a beaucoup…



D’autres choses m’ont fait tiquer.

Au début de l’intervention, on faisait clamer à l’assemblée : « Malaria : Zéro ! Sida Zéro ! Avortement : Zéro ! »

Comment ca avortement zéro ? Nous on s’est battues pour avoir ce droit !

Oui mais l’avortement ici se fait dans des conditions de brousse et cela revient à mettre en danger la vie de la femme, sans compter la douleur qu’elle subit.


De même que l’abbé a prononcé un mot à la fin, rappelant que l’Eglise Catholique interdisait l’utilisation du préservatif mais que les non-catholiques pouvaient s’en servir. Abstinence, fidélité absolue, préservatifs ou autres méthodes, chacun doit trouver celle qui correspond à sa religion. J’ai du être la seule à trouver ces propos un peu choquants.

Mais en y réfléchissant bien, c’est vrai que les congolais sont très pieux et que ce que dit une autorité religieuse est parole d’Evangile. Et puis, c’est vrai aussi que le ravitaillement en préservatifs à ses limites en brousse.



Alors, je remballe mes idées, j’écoute, j’observe et j’apprends…


La Ferme

-

Voilà un an que le service social a redémarré une ferme.

A partir de ruines et de champs en friches ils sont parvenus à lancer une entreprise prometteuse.

Les reines ont été confiées à Olivier, un ingénieur agronome congolais qui prend le temps de m’expliquer et de me faire la visite de son domaine.


La ferme n’est pas encore rentable : la phase d’investissement n’est pas terminée.

Mais l’exploitation agricole ne cesse de s’élargir et se diversifier, tandis que l’élevage s’organise dans la même optique. On trouve désormais de plus en plus de produits frais et de qualité à Kolwezi.

Le nombre d’employés grandit en proportion et tout le monde est content.

N’ayant pas la mémoire des chiffres, (certainement parce que cela ne m’intéresse pas), je préfère vous envoyer des images.



Le manque de pompes électriques force les exploitants à utiliser le terrain pour assurer l’irrigation pendant la saison sèche.

On voit ici les réserves d’eau en haut d’une vieille termitière pour assurer la pression de l’arrosage.

En revanche, il faut également calculer son coup pour éviter l’inondation en saison des pluies.







La pisciculture : 12 bassins d’élevage correspondant aux mois de l’année pour assurer la régularité de la production de poissons.



L’idée est de faire de ce lac un lieu de détente, de pique-nique et de pêche.
-

Voila donc ou nous viendrons nous approvisionner en œufs, poulets, légumes et fruits frais dans quelques temps, quand nous aurons une maison…

dimanche 17 août 2008

Les drainages

Dans mon pays, il y a deux saisons : une saison sèche et une saison des pluies.

Pendant la saison sèche, il fait toujours beau et il fait frais la nuit.

Pendant la saison des pluies, il pleut.

Figurez-vous.

Et les anciens disent que c’est comme si on ouvrait le robinet d’une douche pendant des mois. (Pas la douche du Pink, une douche normale qui a de la pression quoi.)

-

Il est donc très important d’avoir une évacuation des eaux fonctionnelle si on ne veut pas que la ville se transforme en Venise Tropicale et que les petites maisons faites de briques en terre ne se disolvent.

-

Du temps des Belges (comme on dit), la ville a été bâtie avec des systèmes de drainage partout.

Mais ceux-ci n’ont jamais été entretenus depuis le départ des Belges. Comme aucune infrastructure d’ailleurs. Du coup, le sable a remplacé le goudron et les pelouses, les déchets se sont accumulés dans la rue, et tout ceci se retrouve dans les canalisations, bouchant l’évacuation des eaux.

-

Pourquoi les congolais n’ont pas entretenu leur ville ? Les guerres, la corruption des autorités, les habitants préoccupés à survivre…

-

Depuis toujours les mines de Kolwezi se sont chargées de l’entretien de la ville, et non pas la municipalité. Aujourd’hui, la mine redémarre et la ville espère retrouver son visage d’antan. Le service social (comme le service de santé) est une sorte de monnaie d’échange contre l’exploitation minière.

-

-

Pour l’assainissement des drains, Tarek s’est chargé de monter une entreprise que nous sous-traitons.

Tarek, 25 ans, libanais d'origine mais Congolais de naissance, parle mieux le Swahili que le Francais. Je ne le connais pas encore tres bien mais j'ai l'impression que sa courte vie vaut un roman... Un brigand au coeur d'or, un mec du terrain avide de projets a mettre en place...

-

Les drains sous-terrains des artères principales

L'avenue Lumumba est bientot prete a accueillir les pluies.

Les petits tas sont les immondices sorties des drains qui attendent le ramassage. Il faut savoir que cette rue a ete nettoyee par l'equipe de Tarek et que les trottoirs on deja bien change de face.

-

La Cité Manika



Cette rue était devenue une décharge publique car il n’y a pas de collecte de déchets:



Apparemment, il y a déjà beaucoup de boulot abattu.

-

Malheureusement, les drains nettoyés ne tarderont pas à se reboucher. En parallèle, il faut re-goudronner, enlever le sable, sensibiliser la population, instaurer un système de collection…

Et bien entendu, etendre le programme dans un maximum de quartiers.

Tout ca prend du temps, mais ca vient… n’oublions pas que ce n’est que le début…


jeudi 14 août 2008

Tenke Fungurumi

Jour de sortie.

Dave (directeur de la santé), Filip (manager de la sécurité), John (directeur de la sécurité) et moi-même, partons vers l’ouest rendre visite à nos homologues respectifs d’une autre mine.

Si la piste n’est pas mauvaise sur la première moitié, elle est carrément horrible sur la

seconde. Disons qu’à l’allure où roule John, il est difficile d’éviter les trous sans donner de vifs coups de volant, et puis de toute façon, il est difficile d’éviter les trous tout court. Dave, à l’arrière avec moi, s’accroche avec toutes ses mains et se contorsionne pour pouvoir regarder la route et ainsi anticiper les chocs.

Moi je rigole quand il y a des bosses qui font cogner la tête contre le plafond, et sinon, je regarde sagement le paysage…




A Tenke Fungurumi, ils n’ont pas encore commencé à creuser mais tout se prépare méthodiquement dans cette optique.

2000 expatriés (nous sommes environs 150 à Kolwezi) et 2000 locaux s’activent déjà sur place.

Le système de santé pour les travailleurs et leur famille est déjà bien organisé et équipé : un service d’examen médical avant l’embauche, un container aménagé en salle de rayon X, un dentiste, une petite clinique de 10 lits, un labo, un centre de santé mères-enfants un peu à l’écart et déjà plein (les congolais ont souvent une dizaine d’enfants par couple)… Nous n’avons pas pu visiter le bloc car une césarienne était en cours.

Moi qui avais pour expérience les cases de santé du Sénégal, je pensais que ce que nous avions à Kolwezi était Byzance… et soudainement, je comprends mieux.

La sécurité, la santé et le confort de ses employés sont les éléments clés d’un bon fonctionnement d’une mine. Alors, s’il faut y investir des milliards de dollars sans même avoir commencé à produire, ils vont pas se gêner.

Ca me dépasse cette notion d’argent… c’est pas nouveau vous me direz, mais là… Boudiou….


Les expats sont ici seuls en général. C’est un peu comme le système du travail sur les plateformes pétrolières : bosser dans des conditions difficiles contre un salaire triplé par rapport au pays d’origine, travailler loin de sa famille mais bénéficier de plus de jours de congé.



Loin du village, le camps des expats

(pour éviter les problèmes sanitaires dus à la proximité)

A Kolwezi, nous n’avons pas la même histoire (il nous faut réhabiliter une usine alors que Tenke Fungurumi est toute neuve) et pas les mêmes moyens financiers non plus. On ne peut donc pas comparer, mais on peut s’inspirer et échanger.

L’accueil fut d’ailleurs fort sympathique et je reviendrai certainement pour poursuivre ma formation !

Sur le chemin du retour, Filip prend le volant, Dire Straits à fond…

Dave et moi sommes en réalité les victimes d’une compétition entre nos deux chauffeurs : c’est à celui qui mettra le moins de temps pour faire le trajet.

Alors que ces 100km de piste entre Kolwezi et Tenke Fungurumi se font gentiment en 3 heures, ils auront duré 2h par trajet avec nos cowboys de la brousse…

This is the walk… walk of life, hou-hou… walk of life….