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vendredi 18 juillet 2008

La Colonialisation

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.................C’est au XVème siècle que les Européens se sont mis à chercher de nouvelles terres, de nouvelles richesses, et une nouvelle route pour les Indes.

En chemin, les Portugais découvrent l’embouchure du fleuve Congo et y larguent quelques missionnaires qui font si bien leur boulot que le Roi du Congo lui-même se fait baptiser.

Mais le Pape de l’époque (Nicolas V) n’autorise pas uniquement l’évangélisation des Africains, mais aussi leur esclavage.

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De son côté, Affonso 1er, le Roi du Congo, participe au déclin du pays au contact du Portugal : abandon des rites et traditions, commerce d’or, d’ivoire, de cuivre et d’esclaves.

Au milieu du XVIème siècle, le « commerce triangulaire » balafre la carte du monde.

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Après la mort d’Affonso 1er en 1543 jusqu’à l’arrivée des Belges, c’est le chaos.

Les colons contre les Congolais d’abord. Puis les Congolais entre eux pendant que les Colons s’en vont voir ailleurs si les voisins ne sont pas plus serviles, et puis finalement, la Révolution Industrielle remplace la main d’œuvre humaine par les machines.

Mais l’Afrique reste un réservoir de matières premières… et pas cher en plus.

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..............En Belgique, Leopold II s’acharne à trouver une colonie pour son pays. C’est en finançant des expéditions exploratrices dans l’arrière-pays Africain, jusqu’ici Terra Incognita, et en magouillant diplomatiquement, que le Roi des Belges parvient à faire reconnaître aux autres pays colonisateurs sa souveraineté sur l’Etat Indépendant du Congo.

L’acte de Berlin, 23 février 1885 remet à jour la règle du jeu de la colonisation avec notamment l’interdiction de l’esclavage et la participation d’un nouveau joueur : la Belgique.

Henry Morton Stanley, le précieux journaliste explorateur de Léopold II

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S’en suit une série de magouilles économiques et commerciales, dont les abus seront dénoncés et Leopold II sanctionné pour sa méthode d’exploitation du Congo et surtout des Congolais. (Lire Le Crime du Congo par Sir Arthur Conan Doyle, paraît que ça remue…)

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Le 15 novembre 1908, le roi Leopold II transmet la souveraineté du Congo à l’Etat Belge.

Ce qui ne change pas grand chose puisque c’est toujours Leo qui commande.

Mais il en profite pour réorganiser le pays : lui donner un Gouverneur Général, le diviser en 11 puis 15 districts gérés par des Commissaires, et lui créer une armée (la Force Publique) pour se battre contre les esclavagistes principalement.

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Si les responsables administratifs sont européens, les soldats eux sont recrutés sur place. Au début ils étaient aussi européens mais il n'y en avait pas assez. D’où le service militaire obligatoire.

Mais alors vient le problème des ethnies qui s’insurgent. Il faut donc enrôler moins de 25% de soldats de la même ethnie et donner à l’armée une langue véhiculaire : le lingala. C’est la principale langue utilisée le long du fleuve et elle est réputée facile à apprendre.

Comme certains mots n’existent pas en lingala, un mélange avec le français donnera naissance au jargon militaire local : le Kisoldat.

C’est rigolo non ?


Soldat de la FP

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Pendant la Première Guerre Mondiale, la Force Publique se distingue et se défend bravement contre l’offensive Allemande venant du Rwanda- Urundi.

La Guerre Mondiale suivante, le Congo n’est pas envahi mais son armée monte défendre l’Abyssinie envahie d’Italiens (L’Abyssinie c’est l’Ethiopie).

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Les années qui suivent voient apparaître plusieurs formes de mouvement pour l’indépendance mais sans mettre vraiment en péril l’autorité Belge.

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En août 1958, le Général de Gaulle déclare que la France ne s’opposera pas à l’émancipation du Congo Brazzaville. La tendance générale est à la décolonisation de l’Afrique.

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L’Abako et le MNC (Mouvement National Congolais), deux partis indépendentistes se disputent la place politique. Un meeting est organisé en janvier 1959 mais les autorités interdisent le rassemblement. Le peuple se révolte et l’émeute se solde par 47 morts et 241 blessés.

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Le 24 Juin 1960, Joseph Kasa Vubu est élu premier Président de la République.

Le 30 juin 1960, le roi Baudouin déclare l’indépendance du Congo.

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Après l’Indépendance



Messieurs Kasa Vubu, Lumumba, Tshombé, Mobutu

Précipitée, l’Indépendance suscite rapidement des rancœurs de chaque côté.

Pour Patrice Lumumba, le chef du MNC (Mouvement National Congolais), l’indépendance doit être radicale et tous les postes occupés par les Belges retirés. Il prend lui-même la commande de l’armée, désormais appelée ANC (Armée Nationale Congolaise) et offre au sergent-major Joseph Désiré Mobutu le poste de chef d’état-major.

Mais l’ANC n’a plus d’encadrement et n’est pas payée à temps. Elle se transforme en bande de pillards, s’en prennant violemment aux Blancs.
Le rapatriement de nombreux Belges se fait dans le drame et la précipitation.


Pendant ce temps, Moïse Tshombé proclame la sécession du Katanga, appuyés par l’Union Minière, et s’autoproclame Président, alors que Albert Kalonji s'annonce Empereur d'un Sud-Kasai indépendant.

Lumumba se sent dépassé et l'ONU a refusé son appui. Il engage donc l'Armée Congolaise contre les provinces dissidentes. Resultat des courses: échec et résurgence des violences ethniques.

En outre, la relation entre Lumumba et Kasa Vubu est au plus mal.

L'accusant d'être à la solde des occidentaux, le chef de l'armée destitue le Président.


C'est dans cette confusion que le 14 septembre 1960, le colonel Joseph Désiré Mobutu appuyé par l'armée, s'empare du pouvoir et met en place un gouvernement provisoire.
Mais l'ONU se prononce en faveur de Kasa Vutu et les partisans de Lubumba sont traqués et emprisonnés. Quand à Patrice Lubumba, il reste actif et militant dans un premier temps mais l'armée à ses trousses, il doit fuir. Le 17 janvier 1961, dans des circonstances obscures, on retrouvera deux de ses compagnons et lui même assassinés.

En décembre 1960, Kasa Vubu rencontre Tshombé et Kalonji: le Kasaï et Stanleyville (aujourd'hui Kisangani) rejoignent le giron de l'Etat mais le Katanga reste indépendant.
Les tensions sont toujours présentes.
Partis sécessionnistes, partis lubumbistes, partis rebelles, putch et prise d'otage, influences de l'OTAN et des interêts occidentaux... cela devient de plus en plus compliqué...

En janvier 1963, la sécession du Katanga prend fin avec l'appui de l'ONU et son ex-président, Tshombé, devient Premier ministre du Congo Kinshasa en juillet 1964.

"Donnez moi 3 mois, je vous donnerai un nouveau Congo"
Une nouvelle constitution est adoptée, et le pays s'appelle desormais la République Démocratique du Congo.
Tshombé remet un peu d'ordre dans l'armée, et mate les élans de révoltes. Sa côte de popularité ne cesse d'augmenter et fait de l'ombre au Président Kasa Vubu qui le demet de ses fonctions. De nouveau, le pays sombre dans une anarchie politique.


Dans la nuit du 25 au 25 novembre 1965, sans effusion de sang, le colonel Mobutu s'empare du pouvoir.



Kasa Vubu et Tshombé sont condamnés à l'éxil, où ils mourront tous les deux en 1969.

jeudi 17 juillet 2008

Les années Mobutu


Lorsque Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir le 24 novembre 1965, c'est avec la promesse de le rendre en 1970, après des élections démocratiques.

Mais la magalomanie s'empare rapidemment du jeune colonel (âgé alors de 35 ans) et il commence par n'autoriser qu'un seul parti politique, le sien: le Mouvement Populaire de la Révolution, puis il s'accorde les pleins pouvoirs et se nomme lui même Premier Ministre.

Comme promis, en 1970, il autorise les élections présidentielles dont il est élu, puisqu'il est candidat unique.

Le régime est donc autoritaire, jouant sur la terreur et multipliant les complots, mais aussi basé sur la corruption. Une poignée de courtisans bénéficient des faveurs du Président, lequel les place stratégiquement à son avantage.
La fortune personnelle de Mobutu et celle de son entourage accumulées pendant son règne est énorme, et bien sûr, proportionnelle à la pauvreté du peuple.

1971, c'est l'année des 3 Z: Mobutu et le MPR instaure la politique de "retour à l'authenticité" et renomme le pays, le fleuve et la monnaie sous le nom de Zaïre. Il imopose le costume traditionnel "l'abacost" (à bas le costume) et oblige ses compatriotes à choisir un nom d'origine africaine. il devient lui même Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga (le guerrier qui va de victoire en victoire sans que l'on puisse l'arrêter).

Economiquement parlant, ce plan s'accompagne d'une nationalisation de la plus part des grandes sociétés implantées (les postes de directions sont donnés aux proches de Mobutu). De nombreux commerçant quittent le pays, destructurisant l'approvisionnement du pays. L'économie s'éffondre petit à petit.

En mai 1977, c'est la première guerre du Congo: les "gendarmes Katangais" venus de l'Angola s'emparent de plusieurs villes du sud du pays. Les Forces armées Zaïroises se montrent peu efficaces: sous-payés, sous-entraînés et mal dirigés, les soldats fuient le combats ou participent aux pillages. Ce sont les interventions française, belge, marocaine, togolaise et ivoirienne qui sauvent Mobutu.
Mais l'année d'après, les gendarmes Katangais, venant de Zambie cette fois, envahissent à nouveau le pays et s'emparent de Kolwesi. La terreur s'installe sur plusieurs jours, touchant particulierement la population européenne (la population katangaise soutient les gendarmes pour des raisons ethniques). Les parachutistes français interviennent, suivis par les belges, et le régime est sauvé encore une fois, mais démontre sa faiblesse.

Et la fin de la guerre froide enfonce le clou. Privé de ses généreux soutiens exterieurs qui le soutenaient comme "rempart au communisme" depuis son accession au pouvoir, Mobutu se retrouve isolé face à son oppisition interieur.
L'économie est désastreuse et face à la grogne et les mouvements de protestation, Mobutu consent à donner un peu de mou.

En 1990, après sa consultation populaire, Mobutu annonce la fin du parti unique et l'avènement de la démocratie. Les opposants sont libérés, 300 partis sont créés et la Presse recouvre sa liberté.
Mais les différents partis ne parviennent pas à trouver un équilibre tandis que l'état de délabrement du pays est tel qu'on assiste à plusieurs vagues de pillages et de violences.

Mobutu affaibli politiquement et physiquement (il souffre d'un cancer de la prostate), se retire dans sa résidence privée.

C'est dans ce chaos politique que surgit depuis le Kivu une rebellion armée dirigée par Laurent-Désiré Kabila. Aidée par le Rwanda, l'Angola et l'Ouganda, cette Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre ne fait qu'une bouchée de l'armée Zaïroise.

Le 17 mai 1997, l'Alliance entre à Kinshasa et met fin au règne de Mobutu qui aura duré plus de 30 ans.

Mobutu s'exile au Maroc où il meurt le 7 septembre 1997.