Autrefois gérée par la Gécamines (comme tout dans la région), ses conditions se sont dégradées avec le déclin de l’entreprise minière de l’Etat.
C’est 30 ans de laissé aller que nous pouvons observer en cheminant les rues…
Plus de ramassage d’ordures ou de maintenance de la voie publique, plus d’entretien des maisons…
Pourquoi ? Parce que tout était organisé par la Mine et quand elle a cessé, personne n’a su reprendre la main. Personne n’a pu surtout. Comment se payer le luxe de garder une cité en état quand le chômage et les guerres font de la recherche de la nourriture une priorité ?
Aujourd’hui, la mine a redémarré et la population attend d’elle beaucoup, sinon tout, comme avant.
Quand je suis arrivée il y a 3 mois, nous devions tout faire pour nettoyer Luilu avant la campagne de spray d’insecticide contre le paludisme.
En effet, traiter les murs intérieurs des habitations tue le moustique adulte, mais pour une campagne efficace, il faut aussi réduire les sites larvaires qui sont les petites collections d’eau autour des maisons. Or les déchets qui s’accumulent dans la rue favorisent la création de sites.
De plus, Kolwezi a connu une épidémie de Choléra au début de l’année. La maladie se transmettant par une eau souillée à cause de l’absence d’hygiène, l’assainissement urbain est vraiment un problème de santé.
C’est ainsi que je me suis vue initier le projet de nettoyer Luilu.
En vérité, le district entier mériterait un tel programme. Mais il faut bien commencer par quelque part, et d’un point de vue stratégique et diplomatique, nous avons choisi Luilu. Stratégique parce que le village est séparé du futur camp de travailleurs expatriés uniquement par un chemin de fer. Assainir le milieu protège donc ces derniers des potentielles maladies évoquées plus haut. Et diplomatique parce que nous avons à faire à une population positivement répondante, motivée à participer à notre action. Il sera plus facile d’arriver à nos fins dans un tel contexte et de nous servir de Luilu comme exemple et comme moteur pour les cités suivantes.
Par exemple, chaque habitant suit la règle instaurée par les chefs de cité et l’équipe de sensibilisation depuis mai : nettoyer sa parcelle et amasser les ordures selon des endroits donnés, et non dans la rue. Autre preuve d’implication, la communauté est prête à participer d’un demi-dollar par mois et par famille pour l’assainissement. Ceci suggéré par les congolais pour responsabiliser leur pairs et évoluer dans les mentalités : tout n’est pas du par la mine et chacun doit faire un effort. Cette somme ne serait évidemment pas assez pour financer le programme, mais la communauté peut s’en servir pour payer des responsables chargés du maintien de l’hygiène.
Comment organiser le ramassage, comment calculer le cubage, quel budget, qui employer, où déverser les ordures, quel genre de poubelle publique peut on mettre en place, comment mettre en place un ramassage régulier ??...
Autant de petites questions qui ont nécessité des mois d’investissement, d’attente, et de mobilisation…
Heureusement, je ne suis pas seule ! loin de là ! Le service social surtout, avec Tarek et Djo récemment s’occupe de la partie technique sur le terrain (trouver la main d’œuvre et les engins avec des sous contractant, monter un plan d’action rue par rue, aller voir les autorités, etc…), et indispensable, le service Environnement pour trouver le site décharge en accord avec l’écologie et les autorités. Et puis, tout autour le service Contrats, les conseils des ingénieurs, l’atelier et le magasin de stockage… bref, on a mobilisé tout le monde, et tout le monde nous a donné un coup de main.
Sur le site de decharge avec Samba (environnement) et Djo (projets sociaux)
Voilà comment est né le projet Luilu...
Et lundi prochain, on attaque.
2 commentaires:
Eh beh ça c'est du projet de grande ampleur! Mais encore une fois une très bonne expérience! Allez bon courage les amis! Vos copains de Joburg
Merci les copains de Joburg!!
Ca fait plaisir de vous voir toujours trainer sur ce blog!
Gros bisous!!
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