vendredi 18 juillet 2008

Après l’Indépendance



Messieurs Kasa Vubu, Lumumba, Tshombé, Mobutu

Précipitée, l’Indépendance suscite rapidement des rancœurs de chaque côté.

Pour Patrice Lumumba, le chef du MNC (Mouvement National Congolais), l’indépendance doit être radicale et tous les postes occupés par les Belges retirés. Il prend lui-même la commande de l’armée, désormais appelée ANC (Armée Nationale Congolaise) et offre au sergent-major Joseph Désiré Mobutu le poste de chef d’état-major.

Mais l’ANC n’a plus d’encadrement et n’est pas payée à temps. Elle se transforme en bande de pillards, s’en prennant violemment aux Blancs.
Le rapatriement de nombreux Belges se fait dans le drame et la précipitation.


Pendant ce temps, Moïse Tshombé proclame la sécession du Katanga, appuyés par l’Union Minière, et s’autoproclame Président, alors que Albert Kalonji s'annonce Empereur d'un Sud-Kasai indépendant.

Lumumba se sent dépassé et l'ONU a refusé son appui. Il engage donc l'Armée Congolaise contre les provinces dissidentes. Resultat des courses: échec et résurgence des violences ethniques.

En outre, la relation entre Lumumba et Kasa Vubu est au plus mal.

L'accusant d'être à la solde des occidentaux, le chef de l'armée destitue le Président.


C'est dans cette confusion que le 14 septembre 1960, le colonel Joseph Désiré Mobutu appuyé par l'armée, s'empare du pouvoir et met en place un gouvernement provisoire.
Mais l'ONU se prononce en faveur de Kasa Vutu et les partisans de Lubumba sont traqués et emprisonnés. Quand à Patrice Lubumba, il reste actif et militant dans un premier temps mais l'armée à ses trousses, il doit fuir. Le 17 janvier 1961, dans des circonstances obscures, on retrouvera deux de ses compagnons et lui même assassinés.

En décembre 1960, Kasa Vubu rencontre Tshombé et Kalonji: le Kasaï et Stanleyville (aujourd'hui Kisangani) rejoignent le giron de l'Etat mais le Katanga reste indépendant.
Les tensions sont toujours présentes.
Partis sécessionnistes, partis lubumbistes, partis rebelles, putch et prise d'otage, influences de l'OTAN et des interêts occidentaux... cela devient de plus en plus compliqué...

En janvier 1963, la sécession du Katanga prend fin avec l'appui de l'ONU et son ex-président, Tshombé, devient Premier ministre du Congo Kinshasa en juillet 1964.

"Donnez moi 3 mois, je vous donnerai un nouveau Congo"
Une nouvelle constitution est adoptée, et le pays s'appelle desormais la République Démocratique du Congo.
Tshombé remet un peu d'ordre dans l'armée, et mate les élans de révoltes. Sa côte de popularité ne cesse d'augmenter et fait de l'ombre au Président Kasa Vubu qui le demet de ses fonctions. De nouveau, le pays sombre dans une anarchie politique.


Dans la nuit du 25 au 25 novembre 1965, sans effusion de sang, le colonel Mobutu s'empare du pouvoir.



Kasa Vubu et Tshombé sont condamnés à l'éxil, où ils mourront tous les deux en 1969.

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