jeudi 17 juillet 2008

Les années Mobutu


Lorsque Joseph-Désiré Mobutu prend le pouvoir le 24 novembre 1965, c'est avec la promesse de le rendre en 1970, après des élections démocratiques.

Mais la magalomanie s'empare rapidemment du jeune colonel (âgé alors de 35 ans) et il commence par n'autoriser qu'un seul parti politique, le sien: le Mouvement Populaire de la Révolution, puis il s'accorde les pleins pouvoirs et se nomme lui même Premier Ministre.

Comme promis, en 1970, il autorise les élections présidentielles dont il est élu, puisqu'il est candidat unique.

Le régime est donc autoritaire, jouant sur la terreur et multipliant les complots, mais aussi basé sur la corruption. Une poignée de courtisans bénéficient des faveurs du Président, lequel les place stratégiquement à son avantage.
La fortune personnelle de Mobutu et celle de son entourage accumulées pendant son règne est énorme, et bien sûr, proportionnelle à la pauvreté du peuple.

1971, c'est l'année des 3 Z: Mobutu et le MPR instaure la politique de "retour à l'authenticité" et renomme le pays, le fleuve et la monnaie sous le nom de Zaïre. Il imopose le costume traditionnel "l'abacost" (à bas le costume) et oblige ses compatriotes à choisir un nom d'origine africaine. il devient lui même Mobutu Sese Seko Kuku Ngbendu Wa Zabanga (le guerrier qui va de victoire en victoire sans que l'on puisse l'arrêter).

Economiquement parlant, ce plan s'accompagne d'une nationalisation de la plus part des grandes sociétés implantées (les postes de directions sont donnés aux proches de Mobutu). De nombreux commerçant quittent le pays, destructurisant l'approvisionnement du pays. L'économie s'éffondre petit à petit.

En mai 1977, c'est la première guerre du Congo: les "gendarmes Katangais" venus de l'Angola s'emparent de plusieurs villes du sud du pays. Les Forces armées Zaïroises se montrent peu efficaces: sous-payés, sous-entraînés et mal dirigés, les soldats fuient le combats ou participent aux pillages. Ce sont les interventions française, belge, marocaine, togolaise et ivoirienne qui sauvent Mobutu.
Mais l'année d'après, les gendarmes Katangais, venant de Zambie cette fois, envahissent à nouveau le pays et s'emparent de Kolwesi. La terreur s'installe sur plusieurs jours, touchant particulierement la population européenne (la population katangaise soutient les gendarmes pour des raisons ethniques). Les parachutistes français interviennent, suivis par les belges, et le régime est sauvé encore une fois, mais démontre sa faiblesse.

Et la fin de la guerre froide enfonce le clou. Privé de ses généreux soutiens exterieurs qui le soutenaient comme "rempart au communisme" depuis son accession au pouvoir, Mobutu se retrouve isolé face à son oppisition interieur.
L'économie est désastreuse et face à la grogne et les mouvements de protestation, Mobutu consent à donner un peu de mou.

En 1990, après sa consultation populaire, Mobutu annonce la fin du parti unique et l'avènement de la démocratie. Les opposants sont libérés, 300 partis sont créés et la Presse recouvre sa liberté.
Mais les différents partis ne parviennent pas à trouver un équilibre tandis que l'état de délabrement du pays est tel qu'on assiste à plusieurs vagues de pillages et de violences.

Mobutu affaibli politiquement et physiquement (il souffre d'un cancer de la prostate), se retire dans sa résidence privée.

C'est dans ce chaos politique que surgit depuis le Kivu une rebellion armée dirigée par Laurent-Désiré Kabila. Aidée par le Rwanda, l'Angola et l'Ouganda, cette Alliance des forces démocratiques pour la libération du Congo-Zaïre ne fait qu'une bouchée de l'armée Zaïroise.

Le 17 mai 1997, l'Alliance entre à Kinshasa et met fin au règne de Mobutu qui aura duré plus de 30 ans.

Mobutu s'exile au Maroc où il meurt le 7 septembre 1997.

2 commentaires:

Won, Philippe et Raphael a dit…

Concernant l'assassinat de Patrice Lubumba, il faut préciser que le CIA (et d'autres aussi) voyaient d'un mauvais oeil cet "altruiste" pour le peuple arriver au pouvoir , le partage des richesses à l'époque signifait pour les américains :être communiste...et dans le contexte de la guerre froide,on hésitait pas à assassiné les élus du peuple (voir aussi Chili en 1973)pour peu qu'un pantin arrivait au pouvoir derrière pour subvenir aux besoins des USA et des autres...mais avec Mubutu je crois que les USA se sont mordu les doigts...voilà j'arrête là pour l'Histoire, et vous envoie un bonjour , et bon courage!! Philippe et Won

Anonyme a dit…

Hello d'un sudafriquien !
Merci pour toute cette histoire du pays dont je suis avide j'avoue. il serait interessant d'avoir la suite avec Laurent Desiré Kabila et ses tumultes.Son fils est au pouvoir maintenant je crois. Je suis tout fier d'apprendre que tu connais excell,lol,il est bien brave effectivement,et tu sais ce qu'on fait tous les jours maintenant!!!lol.sinon je vois que le boulot te plait, tant mieux, et que vous cultiverez votre petit jardin aussi. La zambie est à côté,la tanzanie aussi..il y a de quoi voyager avec un bon 4x4,mêmesi c'est un peu loin. Encore bon courage pour la suite,continuez à donner des nouvelles et à bientot.