Voyons voyons... comment vous expliquer....
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Coordinateur, Community Health, ca veut dire que je suis chargée de coordonner le service qui s’occupe de la sante de la communauté de Kolwesi.
Mais avant ca, il faut le créer ce service.
Heureusement, je ne suis pas seule.
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Mon chef, le Directeur de la santé communautaire et de la médecine du travail, bien qu’il soit arrivé en même temps que moi, a beaucoup d’expérience dans le domaine.
Amélie ensuite, mon homologue qui se chargeait toute seule de gérer tout ca et qui est bien contente de pouvoir se concentrer sur la médicine du travail.
Il y a aussi Rudy, directeur du service social et sécurité, un enfant du pays qui parle couramment Swahili.
Et Maman Paule, un ancien professeur de Chimie, dont l’implication pour faire avancer sa ville l’a tout naturellement amenée à s’occuper de la communauté au sein de l’entreprise.
Sans oublier tous les autres.
Je joue à un jeu de piste ou il faut aller voir tous ses collègues pour regrouper des informations et des savoir-faire.
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Présentement, nous nous concentrons sur un programme de control de la malaria avec un sous-traitant spécialisé.
Il s’agit de vite préparer les budgets, les soumettre et de signer le contrat pour que nous puissions commencer le processus le plus rapidement.
En effet, le projet étant basé sur une technique de spray d’insecticide à l’intérieur et à l’extérieur des habitations, il faut commencer avant la saison des pluies qui arrive vers décembre.
J’ai donc appris à monter un budget prévisionnel et par la même occasion, à faire la connaissance d’Excel… Bien brave cet Excel…
Cela me permet d’entrer directement dans la vie quotidienne de Kolwesi: combien coutent le litre d’essence, un sandwich, ou une location de maison… Comment on établi une fiche de paye selon les coutumes de la ville…
Car il s’agit bien de coutume: avant son déclin, la Gécamine (société minière de l’Etat) prenait tout en charge et possédait tout: Hôpitaux, DDE locale, brasserie… C’est d’ailleurs grâce à la mine que la ville était “coquette” (dixit un Kolwesien) et que nombreux regrettent la période faste qui a précédé les années 70.
Les employés avaient donc quelques avantages en plus de leur salaire, et la société actuelle les respectent: allocation farine, transport du domicile au lieu de travail assuré, et soins médicaux gratuits pour toute la famille. Ce n’est pas dans la loi, mais il est quasiment impossible de retirer un avantage à un congolais.
Ce qui est juste car on ne peut pas dire que les ouvriers roulent sur l’or.
Le budget sera soumis demain, et je m’attèle à la recherche d’une maison pour les bureaux, le stockage du matériel et l’entrainement des employés du programme du control de la malaria.
Ensuite, il faudra monter une entreprise que l’on sous traitera pour fournir la main d’œuvre. C’est la politique du service : permettre à des locaux de monter leur propre entreprise avec nos subventions leur offrira la possibilité de continuer leur activité avec une autre société, et de trouver de nouveaux clients. C’est du développement durable.
Le service de la Communauté a déjà mis en place une ferme sous la direction et la possession de personnes locales. Il y a un an, on ne trouvait que peu de ravitaillement. Stéphane et Delphine plantaient eux même leurs salades pour manger un peu de verdure. Aujourd’hui, la ferme fait face à une demande grandissante de poulets et légumes, et prévoit de s’élargir dans la diversité des plantations, dans l’élevage de moutons, de chèvres, et elle a même un projet éducatif.
Du coté de la santé, outre le projet du système de spray, les actions sont principalement la sensibilisation de la population sur les grands problèmes sanitaires et sociaux. Ce qui est indispensable à la pérennité des actions matérielles.
(La moustiquaire imprégnée se serait rapidement retrouvée sur le marché ou en filet de pêche si la sensibilisation n’avait pas été amorcée avant la distribution.)
C’est en combinant les efforts que cela avance : la mine apporte le soutien financier et une partie de l’organisation, et les employés locaux apportent la communication, leurs connaissances des coutumes, de la langue et de l’histoire de la ville.
Les principaux problèmes sont l’assainissement de la ville, l’eau potable, et le VIH (dont l’incidence n’est pas encore trop élevée).
La population est en demande de progrès.
Maman Paule est allée parler aux femmes (car en Afrique, l’éducation et l’information passent par la maman), et ceux sont elles qui ont demandé une réunion incluant les jeunes et les hommes.
Des idées ont émergé, comme le système de collection des déchets dans une cité, moyennant la participation de chaque famille à raison d’un demi-dollar par mois. La population est d’accord car elle a conscience des problèmes de santé qu’engendrent les ordures dans la rue. Maman Paule dis que si on ne fait pas payer un minimum, alors les gens ne feront pas attention et oublieront la nécessité de l’assainissement.
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En somme, même si tout se met en place lentement, et que je n’ai encore eu qu’un aperçu, j’ai l’impression que ce boulot sera très motivant, intéressant et surtout enrichissant.
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Le seul problème, c’est que je risque de vous saouler avec la mine.
5 commentaires:
Alors je serai ivre! ;-)
Heureuse de voir que tout se passe bien. C'est marrant tu cherches un maison pour stocker le matos alors que tu n'en a même pas une pour toi... Eish! Ca c'est du dévouement!
Salut Marie,
Juste un petit coucou à toi. Bonne continuation
T'as l'air à fond et motivée!!!
Je suis heureuse pour toi!!!
Biz.
un petit coucou ma marie!
Je vois que tout se passe bien et que tu es a fond!Surtout continue tes histoires de la mine c'est très très intéressant!
Enjoy and see u soon!
bisous
ça a l'air super motivant tout ça!! Continue à nous raconter tout ça c'est passionnant.
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