Allez, on fait durer le plaisir meme si nous ne sommes plus a Kolwezi...
Deambulons dans le centre ville
Allez, on fait durer le plaisir meme si nous ne sommes plus a Kolwezi...
Deambulons dans le centre ville
Jeudi apres midi, comme on s’ennuyait un peu, on s’est dit, allons-nous embourber sur les plaines de la Manika.
On n’a pas attendu trop longtemps : deux ou trois grosses flaques manquées, mais la suivante était parfaite.
Bouge pas coco, je vais aller chercher des branches qu’on mettra sous les roues et on sera sortis en deux deux.
Alors en fait, c’est pas si simple.
En fait, les roues sont bien profondément encrées dans la boue.
Quelques vélo cyclistes s’arrêtent pour nous filer un coup de main, retroussant leur manches et leurs pantalons. (Ce qui ne servira à rien comme le dira la suite, puisqu’ils s’allongeront dans la boue pour dégager les essieux…)
On pousse, on tire, on appuie, on soulève, rien n’y fait.
Pas fiers, on se décide à appeler maman Sécurité qui nous envoie la brigade du tigre.
Avant de se mettre en position, le véhicule de dépannage s’ensable à son tour.
Puis dérape quand il essaye de tirer la malheureuse Nativa embourbée. Et enfin, le câble de fortune lâche sous la tension.
Exit la dépanneuse, nos secouristes repartent chercher un véhicule plus vaillant.
Nos amis congolais continuent de creuser sous les roues en attendant. Ils vont même jusqu'à vouloir creuser une rigole pour évacuer l’eau de la marre !
« Moi je suis un chauffeur, je ne vous abandonne pas. »
Aujourd’hui je vous emmène sur site.
Ici on approche l’open pit de Kov : une vieille carrière à ciel ouvert que l’entreprise est en train de vider de son eau avant de pouvoir redémarrer son exploitation.
Kov (au milieu de la carte) est riche en minerai, avec une concentration de 4% de cuivre. Et notre compagnie n’est pas la seule à le savoir : les Creuseurs y travaillent jours et nuits…

On appelle les Creuseurs les mineurs artisanaux. Ils n’appartiennent pas à notre compagnie mais ils sont tolérés dans la concession.
Ils ramassent le minerai dans des conditions précaires, voire dangereuses et le revendent à la Gécamines, les chinois, ou autres entreprises douteuses… pour une bouchee de pain...
Le Creuseurs sont considérés comme les voyous de Kolwezi : Faisant partie de la classe sociale des plus basses, souvent sous l’emprise de drogue et travaillant de manière plus ou moins illégale, leurs éventuelles rébellion sont à craindre. Cela peut vite degenerer en jet de pierres et jeux de machettes...
Pourquoi se rebelleraient-ils ?
Par exemple lorsqu’ils n’ont plus d’eau à la cité. Comme ils ont besoin d’eau pour laver le minerai, ils percent les tuyaux qui passent sur le site. Ce sont ces mêmes tuyaux qui leur apportent l’eau à la cité, donc au bout d’un certain nombre de trous, l’eau n’arrive plus à la cité. Et la population (composée de Creuseurs pour la plus part) est en colère. Elle exige que la mine repare les conduite.
Un autre exemple : leur nombre considérable sur le site nuit à la compagnie puisqu’en quelque sorte, on vole le minerai, mais aussi engendre des problèmes de sécurité (pour eux et pour la compagnie).
La Sécurité de l’entreprise doit donc se rendre régulièrement sur le terrain pour régulariser le nombre de Creuseurs ou parfois, interdire l’accès à certains sites.
Nous voici donc à Kov, qui ressemble à une calanque, mais qui n’a rien de paradisiaque…
En regardant de plus près cette falaise, on se rend compte qu’elle vit.
Les creuseurs sont là, à flan, remontant du fond avec leur sac de pierres sur les épaules… A voir la trace du chemin qu’ils empruntent, la remontée est non seulement physique, mais aussi très dangereuse…
(Au centre de la photo ci dessous, une tache blanche: ceux sont eux. une ligne qui zigzague sur la droite: leur chemin avant qu'il trace a la verticale...)
Et tout ca pour quoi ? pour 200 Francs par sac, c'est-à-dire 1000 Francs par jour, soit 1,3 Euros… Tout ca pour manger et faire vivre sa famille…
Les trous de Creuseurs : ils s’enfoncent sur des mètres et des mètres dans ces tunnels creusés à la pelle en dépit du risque d’éboulement… On en voit partout dans la concession. Les creuseurs sont partout.
Les fameux Creuseurs… le sourire aux lèvres pour la photo (« Madame, photo, photo!! »)
J’avais dans la tête de monter une association pour eux, avec comme prétexte d’approche la santé, puisque c’est ce que je sais faire… Il y a tellement de choses a faire encore ici...
La saison des pluies amène une recrudescence de certaines maladies à Kolwezi, comme le Paludisme et le Choléra.
Le vibrion du choléra se trouve dans les selles humaines et s’attrape par les mains sales, l’eau souillée et aliments contaminés. On a alors des maux de ventre, des diarrhées aigues, des vomissements, et la déshydratation peut entrainer la mort en quelques jours.
La propagation de la maladie se fait rapidement : Le premier cas de choléra annonce souvent une épidémie.
C’est pourquoi un plan d’action est mis en place par le District médical et les zones de santé. Le programme est ficelé. Sur le papier, on peut s’attendre à un control parfait de l’épidémie : Campagnes de sensibilisation massive, centres d’isolements, état de besoin en matériel médical et humain, organisation des désinfections à domicile et aux centres médicaux, etc…
Le problème, c’est que la ville n’a pas l’argent nécessaire pour acheter le matériel et payer les volontaires.
L’année dernière, la ville avait du faire face à 200 malades en 3 mois mais grâce à l’implication des acteurs locaux de la lutte et l’aide de Médecin Sans frontières Hollande, le nombre de décès s’est limité à 7.
Cette semaine, l’Hôpital principal de la ville a accueilli le premier malade, juste après notre réunion préparatoire.

La salle d'isolement se trouve dans l'hopital meme.
Etant donné que la crise a emporté plus d’une trentaine d’entreprises sur Kolwezi, on se retourne vers la mine et Crusader (la société que nous employons pour les services médicaux). Mais nous aussi on a du mal à joindre les deux bouts…
Avec le Docteur Isabel, on essaye donc d’amasser un petit stock de matos, frappant à droite et à gauche, récupérant 10 seaux au magasin de la mine, des bottes en plastique de la mine sous terraine, des Ringers (solution pour perfusion) à la pharmacie, du sel et du sucre etc…
Plus que jamais, c’est l’article 15 qui est en vigueur… (Article 15 : débrouillez-vous.)
Nous avons encore changé de domicile!
(Cette fois, ca devrait être jusqu'à la fin)
Le Management Camp retranché de Petibonum est fait de blocks préfabriqués spécialement conçu pour abriter les expatriés de la compagnie.
Nous sommes parmi les tout premiers à avoir emménagé ici. On a l’impression d’être encore sur un chantier mais les petits appartements sont bien aménagés, la déco est sympa et on se sent chez soi, enfin!
Dimanche midi, on a improvisé un barbecue.
Duncan, un pur sudaf qui travaille aux approvisionnements, est venue avec son quad et on en a profité pour labourer les routes après la pluie…

Voici où nous avons passé la semaine : un petit hôtel très sympathique où on mange bien et où le service est soigné.
La semaine fut difficile, surtout émotionnellement, mais nous nous sommes résolus à continuer tranquillement jusqu’au 7 janvier.
J’espère que pour vous au 4 coins du monde la préparation de Noel à une autre couleur que celle que nous avons ici.
En tout cas merci à tous pour vos petits commentaires ou mail sympa !
Gros bisous à tous !!
N'est pas une bonne nouvelle.
La Crise a eu raison de nous.
L’entreprise doit lâcher du leste pour ne pas s’écraser et François et moi étions dans un des sacs du jour.
Pour nous, ca va : on nous laisse un peu de temps pour mettre de l’ordre dans nos projets en cours (jusqu’au 7 janvier) et nos CV sont prêts.
Mais ce sont les congolais qui vont souffrir le plus de la mauvaise santé de la mine.
Car la mine fait vivre la ville.
Voilà, le principal est dit et on s’en tiendra là pour aujourd’hui.
Parce que d’une part je sais qu’il y a des lecteurs mystères et je ne veux pas donner de détails, et parce que d’autre part, c’est difficile d’expliquer les gens d’ici, les déceptions, les craintes…
En tout cas on continue jusqu’au bout avec les moyens du bord !
Ou comment se lancer dans une histoire à la congolaise…
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5 jours avant le 1er décembre, on se décide à créer un comité d’organisation des activités JMS à Kolwezi qui se dérouleront sur tout le mois
Cette année, pour le lancement du 1er décembre, la ville accueille le Gouverneur de la Province du Katanga et on a intérêt à mettre le paquet ! (Les autorités sont très respectées ici et on se plie en 4 pour eux.)
La Journée Mondiale du Sida est une occasion à saisir pour parler de cette maladie et faire passer les messages de prévention. Les habitants de Kolwezi sont très peu conscients du risque (quand ils ne nient pas complètement l’existence du VIH) et je suis convaincue que c’est dans ce genre de grande manifestation qu’on peut toucher un maximum de personnes, d’autant que la présence du Gouverneur renforce l’importance de l’évènement.
Mon entreprise ne pouvant pas apporter le soutien financier, je me suis engagée dans l’organisation pour soutenir personnellement ces initiatives et pour montrer que l’entreprise n’abandonne pas la population.
(Un grand respect entoure les représentants des sociétés minières, et les autorités comme la population attendent beaucoup de nous. Nous ne pouvons pas juste dire, « désolé mais nous n’avons pas d’argent pour soutenir la manif. »)
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Sept réunions en cinq jours plus une cérémonie officielle auront précédé la journée du premier.
Du boulot jusqu'à minuit et des repas sautés (j’ai aussi un travail à coté… L)
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Et alors les réunions congolaises sont quelque chose.
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« Merci monsieur le président de l’assemblée pour me donner la parole, et blabla bla
- Si je peux compléter ce que vient dire mon cher confrère et blablabla (le même blablabla)
- Je vous remercie de votre intervention et si je puis éclaircir un point qui me semble important…et blablabla »
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En trois intervention, nous avons dit la même chose qui se résumerait en : il faut trouver des voitures pour la caravane, qui s’en charge ?
« Je pense que c’est plutôt au comité logistique de s’en charger.
- Michel à l’habitude, il peut faire ca.
- Pourquoi pas Maurice qui a déjà les contacts ? »
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Ou bien : « Après le discours du Gouverneur, le Coordonateur du Comité peut dire son mot de lancement.
- Excusez moi Docteur, mais si on suit le protocole, personne ne peut parler après le Gouverneur (l’index pointé vers le haut qui rythme les mots): le point focal de la Mairie peut peut-être nous confirmer ceci ?
- En tout cas, bon.»
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(« En tout cas » étant une expression très fortement utilisée par les Congolais et ne voulant souvent rien dire dans la phrase, ou étant souvent une phrase par elle même) (« En tout cas mon cher.»)
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Au bout d’un moment, on peut entendre « qu’est qu’il y a Marie, tu es fatiguée ? (je dois être expressive) on a bientôt fini. Allez messieurs, on va avancer car Marie est fatiguée ».
Il est 20h, la réunion se terminera à 21h, après 4 heures de blabla. Mais cette assemblée d’hommes congolais (médecins, personnalités locales en tout genre) n’en reste pas moins attentionnée envers moi et cela m’attendrit.
Et puis, je stresse pour rien : 5 jours pour préparer un grand évènement, c’est amplement suffisant pour assurer la réussite comme le dira la suite.
Moi petite française qui imagine que tout doit être bien planifié, organisé, les taches réparties et le programme bouclé 2 semaines à l’avance pour pouvoir gérer les imprévus…
Que nenni.
Ici, on fait tout au dernier moment, on fait de son mieux, et hakuna matata ! Et le pire c’est que les choses se démêlent d’elles mêmes le jour même… (Notez au passage les allitérations)
Les invitations officielles sont envoyées le jour même mais les invités sont là, les T-shirts sont finis dans la nuit, on trouve 3 voitures et un bus le jour même, etc, etc…
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J’ai l’impression d’être aux scouts, c’est rigolo !
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Enfin voilà, c’était intense, j’ai appris plein de trucs, rencontré plein de gens supers qui s’impliquent dans des projets et qui ont envie de faire avancer leur pays, et nous avons tous été d’accord pour dire qu’on avait quand même fait du bon boulot !
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En tout cas, voici les images !
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Lydie, Paule et Mireille, les 3 fées qui m’ont bien aidé dans la partie technique
(Achat et impression des casquettes, T-shirts et banderole, mobilisation des pairs éducateurs et dégotage d’un bus, armement des postes de santé de la mine en rubans rouges pour les travailleurs et T-shirts pour les infirmiers…)
La Marche de l’espoir partant de trois point différents pour converger vers la place Fatima.
Ambiance dans les rues !!
Une partie des représentants de notre entreprise : les travailleurs sont aussi fière de porter le logo de l’entreprise que de participer à cette marche.
Dave (mon Directeur) et moi étions les seuls blancs de la manifestation
Pourtant, on a entendu parler des Bazungu pendant plusieurs jours après sur les radios locales !
Sur la Place Fatima, on pouvait compter 4000 personnes ! Si c’est pas une réussite ca ?!
Je vous l’accorde, tout le monde ne savait pas pourquoi il était là... Mais cela éveille les curiosités, surtout celle des ados :
« Madame mais c’est moins bon avec la capote ! »
« Mais comment on attrape le Sida ? »
« Qu’est ce que vous nous conseillez pour pas attraper le Sida ?»
« L’abstinence c’est le meilleur moyen »
« Vous avez qu’à nous donner des médicaments pour pas attraper le Sida ! »
Expliquer tout ca en marchant à une foule de grand dadés qui se pressent autour de moi, brandissant leur magnétophone, ou me lançant des mots en japonais ou chinois, c’est assez rigolo mais je me rends compte du manque d’information de ces jeunes…
Maman Paule et Maman Lydie
“C’est les grosses mamans là qui ont le Sida!! (une jeune dans la rue)
- Oui ! on en a plein !! (Lydie…)
Après la manif, le Staff d’organisation, le Gouverneur et les autorités locales ont partagé un repas avec l’association des personnes vivant avec le VIH (au passage, toute aide leur serait bien venue, mais je vous reparlerai de cette association)
Sur le podium, j’ai moi aussi prononcé mon petit discours pour représenter les mines ! Et je suis passée à la radio et tout!!
Dans mon discours, j'ai dit que Kolwezi avait de la chance, car sa population est mobilisée et cela évitera peut être les catastrophes que connaissent certains autres régions africaines...
Wafwako!
Journée Mondiale du Sida STOP SIDA | ||
TENONS NOS PROMESSES AU KATANGA | ||
Nous devons combattre ensemble cette maladie et ses tabous !
Combattre la maladie, c’est changer nos comportements pour se protéger et protéger nos frères et sœurs
C’est aussi changer notre regard sur la personne vivant avec le VIH
N’hésitez pas à parler du VIH Sida autour de vous et à discuter avec le personnel soignant des PMT
Sur la route de Musonoie, en quittant Kamoto, j’ai rencontré une petite chèvre qui venait juste de naitre.
L’inconsciente était au milieu de la piste, titubant et bêlant au secours
Dans un élan de brigittebardisme, je me suis arrêtée pour mettre la malheureuse. à l’abri, sur le bord de la route.
Tout délicatement j’ai pris dans ma main ce petit être. Son cordon ombilical pendait toujours sous son ventre et sa fourrure était encore humide du liquide du ventre de sa maman…
A ce moment là des gens au loin semblent s’adresser à moi.
Ah bon, la maman est de l’autre coté de la piste ?
Oui bon ben elle la retrouvera toute seule, j’ai pas que ca à faire non plus.
Voilà une dizaine de jour que nous avons quitté le Pink Palace.
Stephan et Delphine partant pour un mois en France, ils nous ont gentiment proposé leur maison pendant cette période.
Nous commencions à tourner en rond dans notre petite chambre rose, et les soucis de gestion de l’hôtel commençaient à nous taper sur les nerfs.
Donc, nous sommes ravis de passer quelques temps dans une vraie maison avec un vrai salon, un vrai canapé, une vraie télé, et des repas que nous faisons nous même !
Quelques photos pour ma maman qui aime bien savoir où on vit…
Spice et Getz avec le gardien
La route devant la maison refaite par la pluie : on a intérêt à avoir un 4X4 !!
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Et après, où ira-t-on ?
Eh bien, après, on part une semaine en vacance et à notre retour, nous espérons très fort que nous pourrons avoir notre maison à nous, mais ce n’est pas gagné…
Alors on en profite, et merci à Stephan et Delphine !!