lundi 15 septembre 2008

L'avis du consommateur



Eh ben le consommateur y dit que c'est cher ici!!

Entre les frais d'importation et la loi de l'offre et la demande, les prix s'envolent.


Voici mon caddie à 18 000 francs congolais, soit 33 US dollars, soit 23 euros environ.

Et encore, je n'ai pas pris les Rice Crispies, ca m'aurait couté le double!!


Au début on regarde les prix, on s'indigne, on secoue la tête et on s'en va.

Et puis petit à petit on se dit zut après tout, j'ai vraiment envie d'un yayoutre.

Comment font les congolais qui gagnent 100 USD par mois ?

Je ne sais pas.

En tout cas, ils n’achètent pas leur nourriture dans les magasins où on importe les produits des bazungu (blancs)...

dimanche 14 septembre 2008

Du Cricket a Kolwezi

Sur l’échelle de l’effort physique, après la pétanque vient le golf, et après le golf vient le cricket.

Et il a fallu que j’assiste à mon premier match de cricket à Kolwezi. Le plus gentleman des sports au milieu de la brousse…C’est quand même un comble !

Aujourd’hui, l‘équipe Indienne du magasin Roffe Congo s’oppose a l’équipe majoritairement Sud-Africaine de Mumi (une mine des environs).

D’après ce que j’observe, le cricket est un sport assez passif mais bon-enfant. Il n’y a qu’à voir le périmètre abdominale de certains joueurs…

8 joueurs font une ronde autour d’un terrain de foot poussiéreux avec à leur pied une bouteille de bière. Ils applaudissent en meme temps et courrent vers la balle si elle vient vers eux. La course n’exede pas une distance de 5 metres.

Au milieu, il y a un mec qui lance une balle sur un autre mec qui tient une batte. Parfois ils sont dans la même équipe, parfois non. Parfois le mec à la batte décide de frapper la balle, parfois non. S’il la tape, il court vers le camp du lanceur. Parfois, il y a un autre mec avec une batte qui court aussi mais vers le camp du batteur.

Et ils ont l’air très contents d’avoir couru.

J’essaie de récolter des infos à droite et à gauche.

On me répond qu’un match de cricket c’est une excuse pour passer un bon moment avec des gens, que ce qui est important c’est l’ambiance dans les gradins et que ce qui se passe sur le terrain à la limite, on s’en fiche. Un état d’esprit quoi ! J

On m’apprend aussi que ce match ci porte a confusion car les équipes sont mélangées.

Ah ben, voilà, je me disais aussi !

En tout cas, c’était super sympa à Seema, la patronne de Roffe Congo, de m’inviter à ce match !



dimanche 7 septembre 2008

Le camp au bord du lac

Le lac, a quelques kilometres de la ville, est un veritable havre de paix.
Certains vont meme jusqu'a le considerer comme le paradis sur terre.
D'un cote du lac, il y a un club avec des petites maisons privees et de l'autre,
il y a un camp qui appartient a la boite ou on peut reserver un cabanon pour la nuit.
On l'appelle le camp DCP

Ambiance apero sous le preau avec vue magnifique sur le lac

Un diniu et sa voiture "telecommandee"
("diniou"= pitchoune)







-

Le village des pecheurs


mardi 26 août 2008

Mon bureau




Voici le bâtiment du service social, de la sécurité, et de la sante communautaire
(bon en sante communautaire on n’est que deux pour l’instant)
C’est un bâtiment ou il n’y a que des gens sympas. Des expats, des congolais, des kolweziens, des bazungu nés ici (blancs), et même une mélangée.


je ne passe pas toute la journee ici en realite car je dois rencontrer des gens a droite et a gauche...
Toujours cette quete aux renseignements, ajoutee a l'importance du relationnel dans ma tache.




lundi 18 août 2008

sensibilisation des villages

-

Samedi 16 aout

J’accompagne l’équipe de sensibilisation des villages sur le Sida, l’eau potable et le paludisme (ou malaria).

A bord d’une missionnaire (le véhicule fétiche de la brousse), nous cahotons à 60km de Kolwezi à la rencontre de la population.



-----------------A Kanzenze, les villageois nous attendent déjà, entassés dans la petite salle du centre de santé. Ceux qui n’ont pas trouvé de place ou les enfants trop jeunes écouteront la bonne parole de dehors, grâce à un haut-parleur.





-------------------Maman Paule explique les grands problèmes de santé à un auditoire très attentif.


Le cours est interactif, permettant à l’équipe de savoir où en sont les villageois par rapport à leurs connaissances et leurs attitudes. Ce sont souvent les personnes âgées qui répondent aux questions de Maman Paule, et on lit leur fierté dans leurs yeux quand ils lèvent le doigt, sont interrogés et répondent « la fièvre ! », « le moustique ! », ou encore « la quinine ! ».


Ils ont les mêmes yeux que le petit Antoine quand il écoute les histoires de Papet…



------------------Tout est dit en Swahili mais des mots français s’introduisent régulièrement dans les discours, ce qui me permet de suivre un peu.

D’ailleurs, étant la seule muzungu (blanche) de l’équipe (et de la journée), tout le monde n’utilise que le Swahili. Surtout que mamam Paule s’est mis dans la tête qu’il fallait me parler Swahili pour que j’apprenne vite ! J

Hé ! polé-polé… (Doucement)


Démonstration de la préparation de l’eau potable.

Un sachet de PUR pour 10 litres d’eau. Si je prends de l’eau dans mon bidon jaune de 20 litres, je mets combien de sachets ? « Deux ! » répond le publique en cœur.



----------------------------Le film sur les maladies sexuellement transmissibles qui suit me parait un peu trop scientifique et les images choquantes, mais tout le monde est absorbé pendant les 40mn de projection. Maman Paule m’explique que certains d’entre eux ont ces maladies mais les cachent parce qu’ils ont honte. S’ils se reconnaissent dans le documentaire, ils viendront trouver un professionnel de santé par la suite.




--------------------------Un peu plus loin, le village de Walemba nous ouvre les portes de son Petit Séminaire, une ancienne institution belge à l’architecture occidentale qui avait du être magnifique à l’époque mais qui reste quand même soignée.

Le nombre plus réduit de l’assemblée et l’infrastructure permet plus facilement de distribuer des sachets de PUR et des prospectus sur la malaria.

Chacun attend son échantillon et lit scrupuleusement le livret.



--

-
--


----------------A la fin de l’intervention, un villageois assez âgé lève le doigt, et se lève quand on l’invite à s’exprimer, ôtant sa casquette avant de prendre la parole.


« Monsieur le Docteur, je vous remercie » puis en Swahili qu’on me traduira plus tard, demande « pourquoi les médecins et infirmières sont venus il y a quelques temps pour vacciner les enfants et donc les protéger contre le Sida, et n’ont pas vacciné les adultes. » (Il s’agissait d’une campagne de vaccination contre la rougeole, la polio et le tétanos.) Monsieur le Docteur ne sourit pas et remercie le vieil homme pour sa question. Il peut en effet corriger les fausses informations qui circulent, et il y en a beaucoup…



D’autres choses m’ont fait tiquer.

Au début de l’intervention, on faisait clamer à l’assemblée : « Malaria : Zéro ! Sida Zéro ! Avortement : Zéro ! »

Comment ca avortement zéro ? Nous on s’est battues pour avoir ce droit !

Oui mais l’avortement ici se fait dans des conditions de brousse et cela revient à mettre en danger la vie de la femme, sans compter la douleur qu’elle subit.


De même que l’abbé a prononcé un mot à la fin, rappelant que l’Eglise Catholique interdisait l’utilisation du préservatif mais que les non-catholiques pouvaient s’en servir. Abstinence, fidélité absolue, préservatifs ou autres méthodes, chacun doit trouver celle qui correspond à sa religion. J’ai du être la seule à trouver ces propos un peu choquants.

Mais en y réfléchissant bien, c’est vrai que les congolais sont très pieux et que ce que dit une autorité religieuse est parole d’Evangile. Et puis, c’est vrai aussi que le ravitaillement en préservatifs à ses limites en brousse.



Alors, je remballe mes idées, j’écoute, j’observe et j’apprends…


La Ferme

-

Voilà un an que le service social a redémarré une ferme.

A partir de ruines et de champs en friches ils sont parvenus à lancer une entreprise prometteuse.

Les reines ont été confiées à Olivier, un ingénieur agronome congolais qui prend le temps de m’expliquer et de me faire la visite de son domaine.


La ferme n’est pas encore rentable : la phase d’investissement n’est pas terminée.

Mais l’exploitation agricole ne cesse de s’élargir et se diversifier, tandis que l’élevage s’organise dans la même optique. On trouve désormais de plus en plus de produits frais et de qualité à Kolwezi.

Le nombre d’employés grandit en proportion et tout le monde est content.

N’ayant pas la mémoire des chiffres, (certainement parce que cela ne m’intéresse pas), je préfère vous envoyer des images.



Le manque de pompes électriques force les exploitants à utiliser le terrain pour assurer l’irrigation pendant la saison sèche.

On voit ici les réserves d’eau en haut d’une vieille termitière pour assurer la pression de l’arrosage.

En revanche, il faut également calculer son coup pour éviter l’inondation en saison des pluies.







La pisciculture : 12 bassins d’élevage correspondant aux mois de l’année pour assurer la régularité de la production de poissons.



L’idée est de faire de ce lac un lieu de détente, de pique-nique et de pêche.
-

Voila donc ou nous viendrons nous approvisionner en œufs, poulets, légumes et fruits frais dans quelques temps, quand nous aurons une maison…

dimanche 17 août 2008

Les drainages

Dans mon pays, il y a deux saisons : une saison sèche et une saison des pluies.

Pendant la saison sèche, il fait toujours beau et il fait frais la nuit.

Pendant la saison des pluies, il pleut.

Figurez-vous.

Et les anciens disent que c’est comme si on ouvrait le robinet d’une douche pendant des mois. (Pas la douche du Pink, une douche normale qui a de la pression quoi.)

-

Il est donc très important d’avoir une évacuation des eaux fonctionnelle si on ne veut pas que la ville se transforme en Venise Tropicale et que les petites maisons faites de briques en terre ne se disolvent.

-

Du temps des Belges (comme on dit), la ville a été bâtie avec des systèmes de drainage partout.

Mais ceux-ci n’ont jamais été entretenus depuis le départ des Belges. Comme aucune infrastructure d’ailleurs. Du coup, le sable a remplacé le goudron et les pelouses, les déchets se sont accumulés dans la rue, et tout ceci se retrouve dans les canalisations, bouchant l’évacuation des eaux.

-

Pourquoi les congolais n’ont pas entretenu leur ville ? Les guerres, la corruption des autorités, les habitants préoccupés à survivre…

-

Depuis toujours les mines de Kolwezi se sont chargées de l’entretien de la ville, et non pas la municipalité. Aujourd’hui, la mine redémarre et la ville espère retrouver son visage d’antan. Le service social (comme le service de santé) est une sorte de monnaie d’échange contre l’exploitation minière.

-

-

Pour l’assainissement des drains, Tarek s’est chargé de monter une entreprise que nous sous-traitons.

Tarek, 25 ans, libanais d'origine mais Congolais de naissance, parle mieux le Swahili que le Francais. Je ne le connais pas encore tres bien mais j'ai l'impression que sa courte vie vaut un roman... Un brigand au coeur d'or, un mec du terrain avide de projets a mettre en place...

-

Les drains sous-terrains des artères principales

L'avenue Lumumba est bientot prete a accueillir les pluies.

Les petits tas sont les immondices sorties des drains qui attendent le ramassage. Il faut savoir que cette rue a ete nettoyee par l'equipe de Tarek et que les trottoirs on deja bien change de face.

-

La Cité Manika



Cette rue était devenue une décharge publique car il n’y a pas de collecte de déchets:



Apparemment, il y a déjà beaucoup de boulot abattu.

-

Malheureusement, les drains nettoyés ne tarderont pas à se reboucher. En parallèle, il faut re-goudronner, enlever le sable, sensibiliser la population, instaurer un système de collection…

Et bien entendu, etendre le programme dans un maximum de quartiers.

Tout ca prend du temps, mais ca vient… n’oublions pas que ce n’est que le début…