jeudi 11 décembre 2008

La nouvelle du jour

N'est pas une bonne nouvelle.

La Crise a eu raison de nous.

L’entreprise doit lâcher du leste pour ne pas s’écraser et François et moi étions dans un des sacs du jour.

Pour nous, ca va : on nous laisse un peu de temps pour mettre de l’ordre dans nos projets en cours (jusqu’au 7 janvier) et nos CV sont prêts.

Mais ce sont les congolais qui vont souffrir le plus de la mauvaise santé de la mine.

Car la mine fait vivre la ville.

Voilà, le principal est dit et on s’en tiendra là pour aujourd’hui.

Parce que d’une part je sais qu’il y a des lecteurs mystères et je ne veux pas donner de détails, et parce que d’autre part, c’est difficile d’expliquer les gens d’ici, les déceptions, les craintes…

En tout cas on continue jusqu’au bout avec les moyens du bord !



vendredi 5 décembre 2008

Journee Mondiale du Sida

Ou comment se lancer dans une histoire à la congolaise…

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5 jours avant le 1er décembre, on se décide à créer un comité d’organisation des activités JMS à Kolwezi qui se dérouleront sur tout le mois

Cette année, pour le lancement du 1er décembre, la ville accueille le Gouverneur de la Province du Katanga et on a intérêt à mettre le paquet ! (Les autorités sont très respectées ici et on se plie en 4 pour eux.)

La Journée Mondiale du Sida est une occasion à saisir pour parler de cette maladie et faire passer les messages de prévention. Les habitants de Kolwezi sont très peu conscients du risque (quand ils ne nient pas complètement l’existence du VIH) et je suis convaincue que c’est dans ce genre de grande manifestation qu’on peut toucher un maximum de personnes, d’autant que la présence du Gouverneur renforce l’importance de l’évènement.

Mon entreprise ne pouvant pas apporter le soutien financier, je me suis engagée dans l’organisation pour soutenir personnellement ces initiatives et pour montrer que l’entreprise n’abandonne pas la population.

(Un grand respect entoure les représentants des sociétés minières, et les autorités comme la population attendent beaucoup de nous. Nous ne pouvons pas juste dire, « désolé mais nous n’avons pas d’argent pour soutenir la manif. »)

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Sept réunions en cinq jours plus une cérémonie officielle auront précédé la journée du premier.

Du boulot jusqu'à minuit et des repas sautés (j’ai aussi un travail à coté… L)

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Et alors les réunions congolaises sont quelque chose.

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« Merci monsieur le président de l’assemblée pour me donner la parole, et blabla bla

- Si je peux compléter ce que vient dire mon cher confrère et blablabla (le même blablabla)

- Je vous remercie de votre intervention et si je puis éclaircir un point qui me semble important…et blablabla »

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En trois intervention, nous avons dit la même chose qui se résumerait en : il faut trouver des voitures pour la caravane, qui s’en charge ?

« Je pense que c’est plutôt au comité logistique de s’en charger.

- Michel à l’habitude, il peut faire ca.

- Pourquoi pas Maurice qui a déjà les contacts ? »

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Ou bien : « Après le discours du Gouverneur, le Coordonateur du Comité peut dire son mot de lancement.

- Excusez moi Docteur, mais si on suit le protocole, personne ne peut parler après le Gouverneur (l’index pointé vers le haut qui rythme les mots): le point focal de la Mairie peut peut-être nous confirmer ceci ?

- En tout cas, bon.»

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(« En tout cas » étant une expression très fortement utilisée par les Congolais et ne voulant souvent rien dire dans la phrase, ou étant souvent une phrase par elle même) (« En tout cas mon cher.»)

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Au bout d’un moment, on peut entendre « qu’est qu’il y a Marie, tu es fatiguée ? (je dois être expressive) on a bientôt fini. Allez messieurs, on va avancer car Marie est fatiguée ».

Il est 20h, la réunion se terminera à 21h, après 4 heures de blabla. Mais cette assemblée d’hommes congolais (médecins, personnalités locales en tout genre) n’en reste pas moins attentionnée envers moi et cela m’attendrit.

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Et puis, je stresse pour rien : 5 jours pour préparer un grand évènement, c’est amplement suffisant pour assurer la réussite comme le dira la suite.

Moi petite française qui imagine que tout doit être bien planifié, organisé, les taches réparties et le programme bouclé 2 semaines à l’avance pour pouvoir gérer les imprévus…

Que nenni.

Ici, on fait tout au dernier moment, on fait de son mieux, et hakuna matata ! Et le pire c’est que les choses se démêlent d’elles mêmes le jour même… (Notez au passage les allitérations)

Les invitations officielles sont envoyées le jour même mais les invités sont là, les T-shirts sont finis dans la nuit, on trouve 3 voitures et un bus le jour même, etc, etc…

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J’ai l’impression d’être aux scouts, c’est rigolo !

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Enfin voilà, c’était intense, j’ai appris plein de trucs, rencontré plein de gens supers qui s’impliquent dans des projets et qui ont envie de faire avancer leur pays, et nous avons tous été d’accord pour dire qu’on avait quand même fait du bon boulot !

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En tout cas, voici les images !

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Lydie, Paule et Mireille, les 3 fées qui m’ont bien aidé dans la partie technique

(Achat et impression des casquettes, T-shirts et banderole, mobilisation des pairs éducateurs et dégotage d’un bus, armement des postes de santé de la mine en rubans rouges pour les travailleurs et T-shirts pour les infirmiers…)




La Marche de l’espoir partant de trois point différents pour converger vers la place Fatima.

Ambiance dans les rues !!



Une partie des représentants de notre entreprise : les travailleurs sont aussi fière de porter le logo de l’entreprise que de participer à cette marche.

Dave (mon Directeur) et moi étions les seuls blancs de la manifestation

Pourtant, on a entendu parler des Bazungu pendant plusieurs jours après sur les radios locales !




Et oui ! ils sont partout nos copains scouts !!



Sur la Place Fatima, on pouvait compter 4000 personnes ! Si c’est pas une réussite ca ?!

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Je vous l’accorde, tout le monde ne savait pas pourquoi il était là... Mais cela éveille les curiosités, surtout celle des ados :

« Madame mais c’est moins bon avec la capote ! »

« Mais comment on attrape le Sida ? »

« Qu’est ce que vous nous conseillez pour pas attraper le Sida ?»

« L’abstinence c’est le meilleur moyen »

« Vous avez qu’à nous donner des médicaments pour pas attraper le Sida ! »

Expliquer tout ca en marchant à une foule de grand dadés qui se pressent autour de moi, brandissant leur magnétophone, ou me lançant des mots en japonais ou chinois, c’est assez rigolo mais je me rends compte du manque d’information de ces jeunes…



Maman Paule et Maman Lydie

“C’est les grosses mamans là qui ont le Sida!! (une jeune dans la rue)

- Oui ! on en a plein !! (Lydie…)






Après la manif, le Staff d’organisation, le Gouverneur et les autorités locales ont partagé un repas avec l’association des personnes vivant avec le VIH (au passage, toute aide leur serait bien venue, mais je vous reparlerai de cette association)





Sur le podium, j’ai moi aussi prononcé mon petit discours pour représenter les mines ! Et je suis passée à la radio et tout!!

Dans mon discours, j'ai dit que Kolwezi avait de la chance, car sa population est mobilisée et cela évitera peut être les catastrophes que connaissent certains autres régions africaines...

Wafwako!


lundi 1 décembre 2008

1er decembre 2008

Journée Mondiale du Sida

STOP SIDA

TENONS NOS PROMESSES AU KATANGA

Nous devons combattre ensemble cette maladie et ses tabous !

Combattre la maladie, c’est changer nos comportements pour se protéger et protéger nos frères et sœurs

C’est aussi changer notre regard sur la personne vivant avec le VIH

N’hésitez pas à parler du VIH Sida autour de vous et à discuter avec le personnel soignant des PMT

mardi 25 novembre 2008

L'histoire de la petite chevre



Sur la route de Musonoie, en quittant Kamoto, j’ai rencontré une petite chèvre qui venait juste de naitre.

L’inconsciente était au milieu de la piste, titubant et bêlant au secours

Dans un élan de brigittebardisme, je me suis arrêtée pour mettre la malheureuse. à l’abri, sur le bord de la route.

Tout délicatement j’ai pris dans ma main ce petit être. Son cordon ombilical pendait toujours sous son ventre et sa fourrure était encore humide du liquide du ventre de sa maman…

A ce moment là des gens au loin semblent s’adresser à moi.

Ah bon, la maman est de l’autre coté de la piste ?

Oui bon ben elle la retrouvera toute seule, j’ai pas que ca à faire non plus.

dimanche 23 novembre 2008

Marie et Francois dans une Maison



Voilà une dizaine de jour que nous avons quitté le Pink Palace.

Stephan et Delphine partant pour un mois en France, ils nous ont gentiment proposé leur maison pendant cette période.

Nous commencions à tourner en rond dans notre petite chambre rose, et les soucis de gestion de l’hôtel commençaient à nous taper sur les nerfs.

Donc, nous sommes ravis de passer quelques temps dans une vraie maison avec un vrai salon, un vrai canapé, une vraie télé, et des repas que nous faisons nous même !


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Quelques photos pour ma maman qui aime bien savoir où on vit…

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Spice et Getz avec le gardien




La route devant la maison refaite par la pluie : on a intérêt à avoir un 4X4 !!

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Et après, où ira-t-on ?

Eh bien, après, on part une semaine en vacance et à notre retour, nous espérons très fort que nous pourrons avoir notre maison à nous, mais ce n’est pas gagné…

Alors on en profite, et merci à Stephan et Delphine !!

mercredi 19 novembre 2008

Don a l'Hopital de Reference

Ce n’est pas vraiment un projet à moi le “Container” : j’en ai plus ou moins hérité…

Au début de la mine (il y a deux ans), les pionniers pensaient pouvoir réabiliter l’Hôpital de Référence et y soigner les employés de la société.

Malheureusement, ils se sont heurtés à plusieurs problèmes qu’il ne sierrait point de citer ici. Mais la volonté d’aider cet hôpital malgré tout a poussé les responsables du communautaire à monter des projets : refaire la clôture, les toilettes, arranger l’approvisionnement en eau et en électricité, et aussi, le projet du Container.

Il s’agit d’un partenariat avec une ONG américaine qui fait des dons de matériels hospitaliers.

Nous avons donc reçu 24m3 de matériel, soit plus de 600 000 dollars dans un container dont la Mine a payé le fret.

Un projet où se mêlent la politique, la diplomatie, et la stratégie avec le médical, mais qui profitera toujours à la population.

Il faut parfois apprendre a ronger son frein..

lundi 17 novembre 2008

Mumi

Dimanche 16 novembre

L’équipe médicale part visiter la mine d’à coté : Mumi

Petite mine discrète au cœur de la foret, elle abrite quelques 30 expatriés dans un village de vacances.

Le staff vient pour voir ce qu’il se fait ailleurs en matière d’infrastructure médicale et de confort de vie dans une entreprise miniere.

l'Hopital

Moi ca me déprime complètement.

Un hôpital où ca sent le propre, avec un bloc opératoire et un appareil à échographie, quand on vient de Kolwezi, on se dit et pourquoi pas chez nous ?

En plus, il y a même un jardinier et des panneaux « pelouse interdite »…

Et pourquoi nous on a des sacs plastiques autour de notre clinique ?

Mais patience, l’hôpital en préfabriqué comme celui de Mumi arrive en Décembre. On ne nous a pas dit de quelle année, mais restons positifs.






Le village des Schtroumpfs afrikaners se trouve sur les hauteurs des collines surplombant la rivière. Nous apprécions tous la présence d’arbres tropicaux : à Kolwezi, la nature a un cheveu fin et parsemé car le commerce de charbon ne va pas de paire avec le respect de l’environnement…

Il y a même des petits singes coquins qui essaient de nous piquer notre repas de midi.

Celui là vient de voler un briquet qu’on échange contre un bout de tomate !



Une espèce de Panoramix à la Sud’Af nous sert un ragout délicieux dans une marmite. Et en plus ils mangent bien ici !!

a

Comme la mine possède aussi 2 bateaux à moteur (et des quads, et des motos… bon ca va ca va…), nous embarquons tous pour une balade sur le fleuve...


On retrouve les paysages africains, le vert et le rouge des berges, les pécheurs dans leur barques en bois, il y a même des oiseaux (on voit surtout des corbeaux à Kolwezi) que François et moi reconnaissons grâce à notre stage en Sudafriquie.

Cela nous rappelle vraiment la Sudafriquie comme ambiance d'ailleurs. Surtout le « Who wants a beer?!! » ( Qui veut une bière?) qui retentit souvent aux moments où le paysage nous porte le plus à la poésie.





Bertus et Dave, les docteurs

Et puis, soudain, clou du spectacle : Les hippos !!

Non, ce n’était pas un mythe ! il reste bien des hippos dans la région !

Ils sont 8 à nous observer au raz de l’eau…




Les hippos, c’était mon moment préféré du week end !!

Un bon dimanche qui requinque le moral après une semaine difficile !